mercredi 1 avril 2009

France-Lituanie : le tableau d'honneur

Bis repetita. C'est encore Franck Ribéry qui a sauvé la baraque des Bleus, mercredi au Stade de France, face à des Lituaniens toujours aussi coriaces. Persévérants à défaut d'être très lisibles dans leur projet de jeu, les hommes de Raymond Domenech maintiennent ainsi la Serbie à portée de fusil (2 points d'avance) en tête du groupe. Sagna saignant, Gourcuff absent, Henry ectoplasmique : voici les notes des Bleus.

Mandanda : 5. Très peu sollicité, il fit correctement le peu qu'il eut à faire.
Evra : 6. Peu mis à contribution, il tint sans souci son couloir. Après une première demi-heure timide, il s'enhardit et s'offrit de jolies montées côté gauche. Un match assez plein.
Squillaci : 6. Solide au duel et sobre dans la relance, sécurisant dans l'ensemble.
Gallas : 6. Pas son match le plus difficile en Bleu.
Sagna : 6,5. Beaucoup de générosité du début à la fin de la rencontre. Un gros volume de jeu sur tout le couloir droit. Sa qualité de centre est encore à améliorer, mais il a marqué des points mercredi soir.
Lassana Diarra : 6. Très performant à la récupération, il tenta quelques fois d'apporter le surnombre. Mais ce n'est pas vraiment son truc. Des insuffisances dans le jeu long.
Alou Diarra : 5. Un bon travail de harcèlement dans l'entrejeu, où sa grande taille contrecarra régulièrement les desseins lituaniens. Des approximations aussi.
Ribéry : 7,5. Le meilleur Français au Stade de France, et de loin. Cette équipe ne dégage pas beaucoup de certitudes collectives, mais elle a la chance de pouvoir compter sur un joueur génial. Le Monsieur Plus, c'est lui !
Gourcuff : 4. Un match complètement raté. Cela arrive. Remplacé par Benzema, bien en jambes et auteurs de décalages intéressants sur le front de l'attaque.
Luyindula : 4. Lui aussi est passé à côté. Brouillon et souvent à l'envers du jeu. Remplacé logiquement par Gignac, épatant. Deux frappes respectables et une passe décisive sur le but de Ribéry.
Henry : 4. Inexistant en première période, un peu mieux ensuite, surtout en fin de match. Replacé à gauche après l'entrée de Benzema et de Gignac, il fut plus à l'aise, grâce aussi à la fatigue lituanienne et au replacement plus difficile des milieux baltes. Un jeu de tête indigent !

Kaunas avait vu "naître" une équipe, dixit Domenech ? Le match de mercredi soir prouve que certains accouchements sont décidément difficiles. Plutôt offensive dans son tempérament, cette équipe donne trop souvent l'impression de jouer contre-nature. Son identité de jeu reste floue. Un flou pas toujours artistique...

lundi 30 mars 2009

Afrique : les surprises et le drame

Bon, on ne va pas entonner cette rengaine vieille comme le football, selon laquelle, c’est bien connu, il n’y a plus de petites équipes. Mais la première journée des éliminatoires CAN-Coupe du monde 2010 a permis à plusieurs outsiders de bousculer la hiérarchie. Parmi les favoris, la Tunisie, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont été les seuls à la hauteur de leur rang. Mais l’enjeu sportif a été éclipsé par la tragédie du stade Houphouët-Boigny, où 19 personnes ont perdu la vie dans une bousculade.


Groupe A : les favoris au tapis

Togo 1-0 Cameroun (à Accra)
Maroc 1-2 Gabon


Deux de chute pour les favoris ! Togo-Cameroun a eu beau se dérouler sur le terrain neutre d’Accra, les Eperviers ont su surmonter ce handicap supplémentaire et venir à bout du favori camerounais. Menés dès la 11e minute du match, les Lions Indomptables ont été… domptés jusqu’au bout par des Togolais bien organisés. L’unique réalisation de la rencontre fut une histoire très anglaise, avec un attaquant d’Arsenal (Sheyi Adebayor) dans le rôle du buteur et un défenseur de Reading (Bikey) dans celui de l'arrière défaillant (voir la vidéo ci-dessous). Dans l’autre rencontre du groupe, le Maroc a affiché les mêmes faiblesses que lors de la CAN 2008. Une bonne assise collective mais un manque cruel de tranchant en zone offensive. On eut souvent l’impression que les Lions jouaient à la baballe, incapables qu’ils étaient de hausser le rythme. Impossible dans ces conditions d’espérer remonter les deux buts encaissés coup sur coup après la pause. Les Panthères du Gabon d'Alain Giresse confirment les progrès entrevus récemment.


Groupe B : la Tunisie bien partie

Kenya 1-2 Tunisie
Mozambique 0-0 Nigeria

La Tunisie trace sa route. Qualifiés pour les trois dernières éditions de la Coupe du monde, les Aigles de Carthage sont bien partis pour ajouter une nouvelle participation à leur carte de visite. La sélection maghrébine la plus régulière des années 2000 n’a pas failli à sa réputation d’équipe solide et réaliste. Auteurs rapides de l’ouverture du score à Nairobi, les coéquipiers de Karim Hagui n’auront tremblé que quelques minutes : à peine le Kenya avait-il fini par égaliser, après plusieurs dizaines de minutes d’efforts, que les hommes d’Humberto Coelho reprenaient l’avantage. Si Togo-Cameroun fut une affaire d’« Anglais », ce Kenya-Tunisie se décida grâce à des joueurs évoluant en France. Avec l’avantage aux pensionnaires de Ligue 2 : un but du Lensois Issam Jemaa (une surpuissante frappe du gauche, à la conclusion d’un contre rondement mené sur le second but) répondant à une réussite de l’Auxerrois Dennis Oliech, plus efficace qu’en Ligue 1. La Tunisie va avoir l’avantage de faire la course en tête : les autres favoris du groupe, les Super Eagles du Nigeria, malmenés par des Mambas du Mozambique très en jambes, ont abandonné deux points précieux…


Groupe C : un coup pour rien ?

Rwanda 0-0 Algérie
Egypte 1-1 Zambie

Un coup pour rien que cette première journée dans le groupe C ? A la lecture des résultats, il est permis de le penser. Un nul chacun, la balle au centre ! Les Verts d’Algérie, solides derrière mais insuffisamment dangereux en attaque, avec un Rafik Saïfi bien décevant, ont ramené un point de Kigali. Bon ou mauvais résultat, telle est la question... L’avenir le dira. Le nul obtenu par les Chipolopolo zambiens sera inscrit sans hésiter par leur coach français Hervé Renard dans la colonne des actifs. Les doubles champions d’Afrique en titre, qui recevaient sur le terrain fétiche du Caire, se méfiaient pourtant, depuis un match nul (1-1) concédé lors de la CAN 2008 au Ghana, face à ces mêmes Zambiens. Les Pharaons doivent rapidement redresser la barre. Leur confrontation face à l’Algérie, lors de la deuxième journée, promet d’être explosive !


Groupe D : le Ghana est là

Soudan 1-1 Mali
Ghana 1-0 Bénin

Le Soudan est décidément une équipe difficile à manier. Surtout sur son terrain d’Omdurman, à Khartoum. Sur les rives du Nil, les Aigles du Mali l’ont appris à leurs dépens. L’ouverture précoce du score par Frédéric Kanouté, encore une fois excellent en sélection, pouvait laisser espérer mieux. Mais l’égalisation rapide des Soudanais lava l’enthousiasme des supporters rassemblés à Bamako et partout dans le pays. Les hommes de Stephen Keshi auraient-ils fait mieux avec Djilla Diarra et Momo Sissoko ? La question se pose, mais il faudra éviter de ressasser cette mise en échec. Car le Ghana, autre favori de ce groupe, n’a pas connu de retard à l’allumage, en s’imposant sur la plus courte des marges face aux Ecureuils du Bénin.


Groupe E : des buts et une tragédie

Burkina Faso 4-2 Guinée
Côte d’Ivoire 5-0 Malawi

La victoire de la Côte d’Ivoire, face au Malawi (5-0), fut éclatante. Mais Abidjan ne fit pas la fête. Dès le coup de sifflet final, les Eléphants et leurs supporters apprenaient qu’une bousculade avait eu lieu avant le début de la rencontre au Stade Houphouët-Boigny. Le bilan est très lourd: 19 morts et 132 blessés. Le peuple ivoirien est à nouveau meurtri dans sa chair. Par contraste, la réaction de la Fifa fait preuve d’une froideur clinique. Consternant. Jamais victoire par cinq buts d’écart n’avait eu un goût aussi amer. L’autre rencontre du groupe, samedi, avait également donné lieu à un festival offensif. Les Etalons du Burkina Faso ont confirmé leurs bonnes dispositions de ces derniers mois. Très stable dans sa composition depuis la CAN 2004, le Sily National de Guinée devra se ressaisir, sous peine d’accréditer l’hypothèse d’une équipe usée…


dimanche 29 mars 2009

Lituanie-France : le tableau d'honneur

Ca, c’est fait ! L’équipe de France a su forcer le verrou lituanien (0-1). Sur un terrain guère favorable aux grandes envolées, les partenaires de William Gallas ont enfilé le bleu de chauffe et ont fait le boulot. Pas de quoi pavoiser quant au contenu proposé, mais suffisant pour ne pas voir se creuser l'écart sur la Serbie, qui a gagné en Roumanie, comme tout le monde... sauf la France. Squillaci aérien, Toulalan bluffant, Ribéry paradoxal : voici les notes des tricolores.

Mandanda : 5,5. N’eut pratiquement rien à faire. On regrettera quand même une sortie des deux poings un peu à l’arrache, plus un ou deux dégagements un peu courts.
Evra : 7. Beaucoup de présence et de solutions sur son couloir gauche. Ses quelques centres bien dosés restèrent malheureusement inexploités. L’un de ses meilleurs matches en Bleu.
Gallas : 6. Un match à sa main. Sut monter en régime quand les Lituaniens se rappelèrent que le football consistait aussi à marquer des buts.
Squillaci : 6,5. Bien placé et à l’aise dans le jeu aérien, il a fait oublier Mexès. Etant donné le niveau montré par ce dernier cette saison, ce ne fut pas très difficile.
Sagna : 5,5. Peu mis à contribution, il eut beaucoup de latitudes pour monter en zone offensive. Ses centres furent souvent indignes d’un international. N’a toujours pas prouvé qu’il était meilleur que Fanni.
Lassana Diarra : 5,5. Sa complémentarité avec Toulalan fut meilleure que ces derniers matches. S’il est toujours excellent à la récupération, son jeu vers l’avant reste perfectible.
Toulalan : 7,5. Placé un cran au-dessus du Madrilène, il fit étalage d’une hardiesse offensive et d’une lecture du jeu qu’on ne lui connaissaient guère. Précieux pour faire monter la défense lituanienne et exploiter les brèches. Bluffant ! Suspendu mercredi, il devrait être remplacé par Alou Diarra.
Ribéry : 6. Enfin aligné à gauche, dans sa position préférentielle, il ne fut paradoxalement pas aussi en vue que sur ses dernières sorties en Bleu… jusqu’à sa frappe libératrice. Le propre des grands joueurs n’est-il pas de débloquer la situation ?
Gourcuff : 6. Chacun sait que le Bordelais est guetté par le surrégime en cette fin de saison. Cela s’est vu, surtout en première mi-temps. Mais la vaillance était là, et l’inspiration ne l’a pas quitté. Voir son subtil décalage sur le but de Ribéry. Remplacé par Nasri, assez tonique.
Luyindula : 6. Beaucoup d’envie et de disponibilité, un travail utile dans la conservation de la balle. Usé par de nombreuses courses à un poste qui n’est pas le sien (merci Domenech), il ne fit pas preuve de lucidité face au but. Remplacé par Benzema, qui manqua de sens collectif et sembla traîner les pieds.
Henry : 5,5. De bonnes passes, mais un manque de promptitude sur la seule occase qu’il eut… Un match moyen. Un de plus en équipe de France…

A l'issue de la rencontre, Raymond Domenech a vu en cette victoire le signe d'une "équipe en train de naître". On se gardera d'un tel optimisme pour l'instant, tant la Lituanie refusa le jeu les deux tiers de la rencontre...

samedi 28 mars 2009

L'Afrique rêve de "son" Mondial

Les éliminatoires couplées CAN-Coupe du monde 2010 entrent ce week-end dans leur dernière phase. Les équipes encore en course, réparties en cinq groupes de quatre entament un mini-Championnat. A l’issue de celui-ci, les vainqueurs de chaque poule iront au Mondial sud-africain, et les trois premiers gagneront le droit de disputer la CAN. Revue de détails.

Groupe A : Togo, Cameroun, Maroc, Gabon
Les Lions Indomptables du Cameroun sont les favoris logiques de cette poule. Forts de cinq participations à la Coupe du monde, finalistes de la dernière CAN, organisée au Ghana, les partenaires de Rigobert Song compteront en priorité sur leur buteur vedette Samuel Eto’o, au sommet de son art avec le Barça, pour déjouer les pièges d’une poule composée d’équipes revanchardes. Le Maroc aura en effet à cœur de prouver que l’élimination, très mal vécue, au premier tour de la CAN 2008 est bel et bien digérée. Désormais coachés par Roger Lemerre, les Lions de l’Atlas entendent tout faire pour goûter à nouveau aux joies d’une phase finale de Coupe du monde, écartés qu’ils sont de l’épreuve suprême depuis 1998. Les Marocains seront privés de leur attaquant Nabil Baha (Malaga), pour leur entrée en matière face au Gabon. Des Panthères en progrès sous les ordres d’Alain Giresse, mais sans doute encore trop tendres pour rivaliser avec les autres équipes du groupe… A moins que le Togo, connu pour ses hauts et ses bas, ne se loupe. D’autant que, pour leur entrée en matière face aux favoris camerounais, les Eperviers seront privés de leur fer de lance, Emmanuel Sheyi Adebayor et de leur stade de Lomé, suspendu pour les échauffourées intervenues fin 2008 face au Mali. Ils "recevront" sur terrain neutre à Accra, distant de moins de 200 kilomètres de leur habituel antre.

Groupe B : Kenya, Mozambique, Nigeria, Tunisie
Cette poule paraît extrêmement déséquilibrée sur le papier. Mais le football se joue sur une pelouse, donc sait-on jamais… La place qualificative pour l’Afrique du Sud devrait néanmoins se jouer entre le Nigeria, emmené par ses stars de Premier League John Obi Mikel et Obafemi Martins, et la toujours homogène Tunisie. Cette dernière, désormais dirigée par le Portugais Humberto Coelho, tentera de se qualifier pour sa quatrième phase finale de Coupe du monde d’affilée. Pour cela, les Aigles de Carthage ont intérêt à faire le plein contre les outsiders du groupe, tel le Kenya qui les reçoit samedi à Nairobi. Les Harambee Stars ont usé quatre sélectionneurs en douze mois. Ils peinent à décoller depuis 2004 et leur qualification pour la CAN, à l’image de leur Espoir déchu, Dennis Oliech, en panne totale de confiance et de buts du côté de l’AJ Auxerre. Quant aux Black Mambas du Mozambique, qui accueillent le Nigeria dimanche à Maputo, ils espèrent que le match nul réussi au tour précédent face à la Côte d’Ivoire aura servi de déclic. Accumuler des rencontres à haute tension peur constituer un moyen de combler le retard accumulé ces dernières années sur le rival régional lusophone, les Palancas Negras d’Angola, pays organisateur de la CAN 2010.

Groupe C : Algérie, Egypte, Rwanda, Zambie
Qui peut devancer l’Egypte ? Telle est la question dans cette poule. Doubles champions d’Afrique en titre, les Pharaons s’appuient sur le meilleur football de club du continent pour former leur équipe. Sous les ordres de l’expérimenté Hassan Shehata, cette sélection a trouvé un rythme de croisière difficilement soutenable pour ses adversaires. Les autres équipes du groupe ne se privent d’ailleurs pas de mettre toute la pression sur les partenaires de l’extraordinaire et trop méconnu maître à jouer, Mohammed Aboutrika. Après deux CAN manquées, l’Algérie tient à tout prix à éviter une peu enviable passe de trois. Yazid Mansouri et ses partenaires (privés d’Anthar Yahia et Karim Ziani ce week-end) caressent secrètement le rêve de fouler les pelouses sud-africaines. La belle histoire commence impérativement par une victoire à Kigali, samedi après-midi face aux Amavubi (guêpes) du Rwanda. Enfin, la Zambie, coachée par le Français Hervé Renard, cherchera au contraire à réaliser la passe de trois inverse, en obtenant, après 2006 et 2008, un troisième ticket en trois éditions de la CAN. La route de l'exploit démarre au Caire, dimanche.

Groupe D : Bénin, Ghana, Mali, Soudan
Seule équipe africaine à franchir le premier tour de la Coupe du monde 2006, le Ghana aimerait retrouver en Afrique du Sud les émotions découvertes en Allemagne. Voire plus si affinités. Les Black Stars, privés de John Mensah mais forts du retour de Michael Essien, ont les moyens de parvenir à leurs fins. Si toutefois leur puissance collective n’est pas une nouvelle fois amoindrie par l’absence d’un buteur digne de ce nom, défaut qui leur coûta sans doute la qualification pour la finale de la dernière CAN, organisée à domicile. Etant donné qu’Asamoah Gyan et Junior Agogo sont en échec cette saison, le pays se pose quelques questions, au moment d’accueillir, dimanche à Kumasi, un Bénin en nets progrès. Ce qui ne devrait toutefois pas suffire à la bande à Stéphane Sessègnon pour déjouer tous les pronostics. Le seul collectif qui semble en mesure de contrarier les desseins mondialistes ghanéens est celui du Mali. Passés à côté de leur CAN 2008, les Aigles rêvent désormais d’offrir à leur peuple sa première qualification pour le Mondial. Leur nouveau coach, Stephen Keshi, réussira-t-il le même coup qu’à la tête du Togo en 2006 ? Premiers éléments de réponse samedi après-midi à quelques lieues du Nil, à Khartoum, sur le stade d’Omdurman, terrain de la mystérieuse équipe du Soudan.

Groupe E : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Malawi
On ne présente plus les Eléphants de Côte d’Ivoire. Comme le Ghana, ils devront assumer leur statut de favori dans ce groupe. Souvent très à l’aise en phase éliminatoire, les hommes de Vahid Halilhodzic pourront s’appuyer sur le retour de Didier Drogba, absent du tour précédent et en pleine renaissance depuis l’arrivée de Guus Hiddink à Chelsea. Leur premier adversaire, le Malawi, manque d’expérience à ce niveau. Mais attention ce dimanche à ne pas prendre les Flammes de trop haut : cette équipe en progrès a battu la RD Congo et l’Egypte ces derniers mois. L’autre rencontre, programmée samedi à Ouagadougou, s’annonce beaucoup plus équilibrée. Entre un Sily National de Guinée, quart de finaliste des trois dernières éditions de la CAN, et des Etalons du Burkina Faso qui semblent retrouver leur niveau du début des années 2000, avec notamment un Moumouni Dagano très efficace (7 buts) lors de la phase précédente, les débats s’annoncent indécis.

mardi 24 mars 2009

Coupés du monde ?


A quelques jours de la double confrontation face à la Lituanie, décisive pour la qualification à la Coupe du monde 2010, les joueurs de l’équipe de France ne sont-ils pas justement coupés du monde ? Vivent-ils dans une bulle isolée de la vie réelle et des mouvements de l’opinion publique ? A lire les déclarations de certains d’entre eux, il est permis de le penser. Ainsi, Patrice Evra qui affirme mardi devant la presse réunie à Clairefontaine ne pas comprendre l’attitude des supporters des Bleus. « A Marseille, il y a eu une ola au bout de cinq minutes de jeu quand les Argentins se sont mis à faire tourner le ballon, s’est étonné le Mancunien. Tevez a même dit qu'il avait eu l'impression de jouer à Buenos Aires ! Je ne vois jamais une banderole à la gloire de Ribéry ou Henry au Stade de France. Je ne comprends pas. Tous les matchs que l'on dispute en France, on a l'impression que c'est à l'extérieur. » Le pauvre chou ! C’est vrai, quoi : l’équipe de France dégage toujours une joie de jouer absolue depuis la Coupe du monde 2006. Elle a brillamment défendu ses chances lors d’un Euro 2008 remarquablement maîtrisé sur tous les plans. Et elle est coachée par un sélectionneur dont la sympathie et l’à-propos font l’unanimité. Bien sûr, Patrice…

Ces propos déconnectés de la réalité pourraient prêter à sourire. Ils inquiètent plutôt, tant ils traduisent le fossé qui sépare aujourd’hui l’équipe nationale de ses supporters, de plus en plus déçus. Du désamour on est passé à la défiance, et cette dernière menace de céder la place à la franche détestation. Bon, Patrice Evra conclut en reconnaissant une partie de malaise, mais souhaite néanmoins que les gens tournent la page : « On nous demande un passeport à nous (le code de bonne conduite des Bleus, NDLR) mais pourquoi ne pas en demander un aux supporters ? Qu'il y ait encore des rancœurs à cause de l'Euro, ok, mais le Mondial 2010, on veut tous y aller. Si tu es supporter, tu veux le bien de l'équipe de France ! » Cela signifie-t-il fermer les yeux, dire amen à tout et cautionner le foutage de gueule imposé par la Fédération au moment de la reconduite de Domenech ? Non, bien sûr ! Et puis, est-il possible de tourner la page en maintenant le principal responsable du fiasco de 2008 à son poste ? Non encore ! Alors, les footballeurs qui l’ouvrent, c’est bien, encore ne faut-il pas mettre à côté de la plaque. Comme vient de le faire Patrice Evra, qui a perdu une bonne occasion de se taire.

Maniche n’en peut plus d’être à la... niche


Rarement destinée en sélection et réussite en club auront suivi des trajectoires aussi dissemblables que pour Maniche. Aujourd’hui l’âme en peine à l’Atletico Madrid, le milieu de terrain portugais, magnifique footballeur s’il en est, avait pourtant connu un début de carrière idéal ; il semblait vivre une ascension régulière vers les sommets du football mondial. Dans un registre de joueur axial à l’énorme volume de jeu, capable de récupérer, relayer, orchestrer la manœuvre et finir le travail, rien n’arrêtait Nuno Ribeiro Maniche. Né en 1977 à Lisbonne, l’homme à la crinière voit les choses décoller pour lui au FC Porto, sous les ordres d’un autre Lusitanien au sourire carnassier : José Mourinho. Les trophées tombent. Deux titres de champion, une Coupe nationale, la Coupe de l’UEFA en 2003 puis la Ligue des Champions en 2004 : les Dragons sont sur le toit de l’Europe. Pour José Mourinho, l’ascension se poursuivra sous d’autres cieux, insulaires. Pour Maniche, elle sera contrariée. Ou plutôt contrastée : en sélection, le joueur rayonne, se multiplie et marque des buts mémorables, tel cette frappe inouïe contre les Pays-Bas, en quarts de finale de l’Euro 2004. Cette année-là, devant son public, le Portugal perd deux fois, au moins une de trop, face à La Grèce : en ouverture du tournoi et en finale.



La carrière de Maniche prend alors une direction inattendue : celle du Dinamo Moscou. Le compte en banque du joueur ne s’en portera que mieux, au contraire de son exposition médiatique. La Coupe du monde 2006 est encore bonne pour Maniche, élu parmi les dix meilleurs joueurs du tournoi. Entre temps venu retrouver Mourinho à Chelsea, le milieu de terrain a redoré son blason en club, devenant champion d’Angleterre sous les couleurs des Blues. Mais avec 8 petits matches disputés (en six mois) seulement. Pas retenu par Chelsea, Maniche va retourner dans la péninsule ibérique. L’Atletico Madrid s’attache ses services. La réussite n’est toujours pas franchement au rendez-vous. 43 matches, 6 buts et 18 mois plus tard, celui qui rit de se voir comparé à Jim Carrey file en prêt à l’Inter Milan.

L’Euro 2008 arrive et la sanction tombe : jugé insuffisamment convaincant et en déficit de temps de jeu, Maniche ne fait pas partie de la liste de Scolari. Revenu chez les Colchoneros, l’ex-international portugais est impatient de passer à autre chose. « Je pourrais devenir fou avec cette situation mais je me rappelle sans cesse le principal : plus qu'un mois et demi et je serai libre », a-t-il déclaré ce week-end à la presse espagnole. Bientôt remis en liberté, Maniche devra bien réfléchir avant de choisir sa future destination. Sous peine de se retrouver prisonnier d'une autre cage (dorée).

samedi 21 mars 2009

A la recherche du nouveau Jean-Pierre Orts : Alexis Allart


Patrick Martet, Didier Monczuk, Jean-Pierre Orts : ces noms vous disent-ils quelque chose ? Vous souvenez-vous de ces terreurs des surfaces de ce qui s’appelait encore alors la deuxième division ? Des attaquants vifs et rusés qui, saison après saison, faisaient trembler les filets de leurs adversaires du groupe Nord ou du groupe Sud, selon les couleurs qu’ils portaient. Cette époque est révolue, ces buteurs d’avant l’ère de l'Internet et de la base de données de L’Equipe ont depuis longtemps sombré dans l’oubli. Pourtant, de temps à autre, un jeune footballeur vient nous remémorer leurs exploits. Cette saison, ce déclencheur de nostalgie joue au CS Sedan et s’appelle Alexis Allart. Souvent à l’extrême limite du hors-jeu, ce joueur de 22 ans ne ménage pas ses efforts. Rassurez-vous, il n’est pas du genre à s’échiner à « décrocher », pour pallier le sacrifice de tout milieu organisateur par un coach trop frileux – un mal bien français que celui-là, mais passons… Non, ses allers-retours, Alexis Allart les fait uniquement sur le front de l'attaque, qu'il balaie sans relâche, d’une ligne de touche à l’autre, toujours capable de faire le bon appel et de provoquer la bonne ouverture. Sa qualité de frappe et son redoutable sens du but font ensuite le reste. Résultat : notre homme, non gardé par l'AS Monaco, relancé à Louhans-Cuiseaux puis passé par la Jupiler League belge et l’Excelsior Mouscron (une raison de plus de le comparer à Jean-Pierre Papin ?), en est à 8 buts en 18 titularisations en Ligue 2 cette saison. Ce qui n’est pas mal pour un avant-centre évoluant dans une équipe aussi irrégulière que peuvent l’être cette année les Sangliers. Sans compter ses réalisations en Coupe de France (3 en 6 matches), telle cette frappe, catapultée dans les filets strasbourgeois, après un triple contrôle aérien dans la course. De loin le plus beau but inscrit en France ces derniers mois. Jugez plutôt !